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Acheter Land Rover Ancienne

Depuis 1948, Land Rover associe carrosserie en aluminium, châssis séparé et vraie aptitude au tout-terrain. Des Series utilitaires aux Defender, Range Rover Classic et Discovery, ces britanniques offrent des caractères très différents à l’amateur français.

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Image 1/51 de Land Rover 170 V  Cabriolet B (1989)
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Vente aux enchères ClassicConvertie

1989 | Land Rover 170 V Cabriolet B

Range Rover Classic – Le gentleman en costume sur mesure… avec des bottes à embouts en acier

70 000 € - 90 000 €

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57 observateurs
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Image 1/8 de Land Rover 80 (1952)
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1952 | Land Rover 80

Land Rover Series I | 1952 | Route 66 Auctions - For sale by auction. Estimate 13500 EUR

Véhicule aux enchères
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Commissaire-priseur
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Image 1/24 de Land Rover 88 (1972)
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1972 | Land Rover 88

Land Rover Series III 88 Diesel – Telaio eccellente – Pronta all’uso

39 000 €
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Image 1/59 de Land Rover Defender 90 Works V8 "70th Edition" (2018)
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244 000 €
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Image 1/15 de Land Rover Range Rover Classic 3.5 (1987)
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1987 | Land Rover Range Rover Classic 3.5

Range Rover Classic 3.5 V8 Automatik – Oldtimer!

17 900 €
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Image 1/13 de Land Rover Range Rover Vogue LSE (1992)
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34 550 €
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Image 1/48 de Land Rover Range Rover Classic 3.5 (1984)
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1984 | Land Rover Range Rover Classic 3.5

Land Rover Range Rover 3.5 V8i 5 versnellingsbak

31 950 €
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Image 1/21 de Land Rover Defender 90 (1997)
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1997 | Land Rover Defender 90

LAND ROVER DEFENDER 90 300TDI SOFT TOP

Prix sur demande
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Image 1/57 de Land Rover 110 (1989)
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1989 | Land Rover 110

LAND ROVER DEFENDER 110 SOFT TOP BACKDATED SERIES

Prix sur demande
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Image 1/17 de Land Rover Defender 90 (1998)
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1998 | Land Rover Defender 90

LAND ROVER DEFENDER 90 300TDI SOFT TOP

Prix sur demande
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Image 1/38 de Land Rover 110 (1986)
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1986 | Land Rover 110

1986 Land Rover Defender 110 Nomad V8

230 200 €

TVA récupérable

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Image 1/47 de Land Rover 90 (1990)
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1990 | Land Rover 90

1990 Land rover defender 90 V8 Miyo Safari

197 593 €

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Image 1/28 de Land Rover 90 (1988)
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1988 | Land Rover 90

1988 Land Rover defender 90 V8 Restored

166 980 €

TVA récupérable

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Image 1/26 de Land Rover Defender 90 (2014)
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2014 | Land Rover Defender 90

SOFT TOP CLASSIC STYLE

72 900 €

TVA récupérable

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Image 1/8 de Land Rover 109 (1958)
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1958 | Land Rover 109

Land Rover Serie 2a

35 000 €
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Histoire et héritage

L’histoire de Land Rover naît en 1948, dans une Grande-Bretagne qui manque encore d’acier et cherche des outils pour reconstruire son économie rurale. Maurice Wilks, alors chez Rover, imagine un véhicule à quatre roues motrices inspiré par le Jeep d’après-guerre, mais destiné avant tout à l’exploitation, aux services publics et aux domaines agricoles. Présenté au salon d’Amsterdam, le premier Land Rover reçoit une peau en alliage d’aluminium Birmabright : ce choix de disponibilité industrielle devient une signature. Sous les panneaux légers se trouve pourtant l’élément déterminant pour l’acheteur actuel : un robuste châssis-échelle en acier.

La Series I est produite de 1948 à 1958. Ses empattements évoluent de 80 à 86 puis 107 pouces, tandis que les moteurs essence passent de 1,6 à 2,0 litres. Plus de 200 000 exemplaires sortent d’usine. Ses phares placés derrière une grille centrale, son tableau de bord spartiate et sa transmission sans sophistication en font aujourd’hui un objet de collection à part entière. En France, beaucoup d’exemplaires ont connu une seconde vie de véhicule de chasse, de ferme ou de loisirs ; une Series I strictement conforme, avec moteur cohérent et accessoires d’époque, mérite donc une attention particulière.

En 1958, la Series II modernise les volumes de carrosserie et inaugure le quatre-cylindres 2,25 litres. La Series IIA lui succède en 1961 et introduit notamment le diesel. Cette famille installe définitivement Land Rover sur tous les continents : véhicules de travail, ambulances, pick-up, versions militaires ou Station Wagon se multiplient. Les empattements 88 et 109 pouces, qui correspondent approximativement à 2,24 et 2,77 m, ne désignent pas une finition mais la base même du véhicule. Cette diversité explique qu’une annonce doive être lue avec prudence : carrosserie, numéro de châssis, type de moteur et carte grise doivent raconter la même histoire.

La Series III (1971-1985) est le dernier grand chapitre de l’ère à ressorts à lames. Son tableau de bord est plus conventionnel et sa boîte à quatre rapports est entièrement synchronisée, ce qui facilite une conduite qui reste lente et physique. La production atteint environ 440 000 unités ; le millionième Land Rover est fabriqué en 1976. Le Stage 1 V8, lancé en 1979, apporte le V8 Rover de 3,5 litres à un Land Rover utilitaire et constitue une variante plus rare. Les Series sont les ancêtres directs de l’image populaire de la marque : simples, réparables et capables de remplir une mission très éloignée de l’automobile de collection traditionnelle.

En 1970, Rover ouvre une seconde voie avec le Range Rover Classic. Son V8 aluminium de 3,5 litres, ses ressorts hélicoïdaux et sa transmission intégrale permanente créent une formule inédite : un quatre-quatre confortable sur route, mais réellement compétent hors du bitume. D’abord proposé en trois portes, il adopte cinq portes en 1981, puis les V8 3,9 et 4,2 litres. Fabriqué jusqu’en 1996 à 317 615 exemplaires, il devient peu à peu un classique désirable, notamment dans ses premières versions deux portes.

La lignée utilitaire change profondément en 1983 avec les Land Rover 90 et 110 : ressorts hélicoïdaux, transmission intégrale permanente et meilleure habitabilité. Le nom Defender n’arrive qu’en 1990, mais il désigne aujourd’hui l’ensemble de cette génération. Le dernier Defender historique quitte Solihull le 29 janvier 2016. Enfin, le Discovery I (1989-1998) offre une formule familiale, souvent en Tdi, entre austérité du Defender et standing du Range Rover. Ces quatre familles donnent au collectionneur français le choix entre patrimoine agricole, voyage, usage familial et grand tourisme britannique, sans réduire Land Rover à une seule silhouette.

Ce qui distingue une Land Rover ancienne

Une Land Rover de collection n’est pas seulement un 4x4 ancien. Elle repose sur un ensemble d’idées techniques et d’usages qui expliquent son attachement auprès des propriétaires :

  • Une carrosserie en aluminium : les panneaux extérieurs ne rouillent pas comme de l’acier. Cela ne rend pas le véhicule immunisé contre la corrosion ; le châssis, les renforts, les portes et les assemblages aluminium-acier restent vulnérables.
  • Un châssis séparé : cette architecture facilite certaines réparations et explique la longévité de nombreux exemplaires. Elle impose aussi une inspection sérieuse, car la corrosion peut progresser à l’intérieur des longerons.
  • Des transformations nombreuses : bâches, hard-top, toit tropical, pick-up, treuil, galerie ou préparation de voyage changent radicalement l’usage. Une transformation utile n’est pas forcément un défaut, mais sa conformité administrative et sa qualité comptent.
  • Une mécanique généralement accessible : les quatre-cylindres 2,25 l et les diesels Tdi sont connus des spécialistes ; la fourniture de pièces neuves et refabriquées reste bonne en Europe. La disponibilité ne doit toutefois pas être confondue avec le faible coût d’une restauration de structure.
  • Une communauté active : documentation, entraide et sorties font partie de l’expérience. En France, Le Temps des Series’ réunit les propriétaires de Land Rover à lames autour de la restauration et des randonnées, tandis que le Range Rover Classic Club et des clubs régionaux comme Breizhland facilitent les échanges techniques et les rencontres.

L’acheteur doit surtout choisir une philosophie. Une Series est une machine d’époque, attachante à vitesse modeste et idéale pour les petites routes ou les rassemblements. Un Defender permet plus facilement de voyager, tracter ou rouler régulièrement, mais sa cote élevée exige de séparer l’authentique véhicule entretenu du simple assemblage cosmétique. Le Range Rover Classic séduit par son confort et sa silhouette, avec des coûts mécaniques et une consommation de V8 supérieurs. Le Discovery I est souvent la proposition la plus rationnelle pour une famille qui accepte les faiblesses classiques d’un 4x4 britannique des années 1990.

Le marché français apprécie aussi les Land Rover conservés dans une configuration lisible. Un châssis galvanisé ou une cloison pare-feu remplacée peut être un excellent investissement de durabilité si la pose est documentée par photos et factures. À l’inverse, une peinture neuve, un soubassement fraîchement noirci et des roues surdimensionnées ne prouvent rien sur la santé du véhicule. Pour un amateur de collection, la cohérence de la restauration et de l’équipement vaut souvent davantage qu’un aspect spectaculaire.

Données techniques

Quelques repères aident à interpréter ces chiffres. Les Series disposent d’un pont avant à engager et de ressorts à lames ; elles ne sont ni rapides ni silencieuses. Le Range Rover Classic introduit la transmission permanente avec différentiel central verrouillable, principe repris par les 90/110 à ressorts hélicoïdaux. Le moteur V8 Rover est léger et agréable, mais son appétit réel se situe souvent entre 15 et 20 l/100 km. Sur les V8 3,9 et 4,2 l, une surchauffe, une consommation de liquide de refroidissement ou des ratés doivent conduire à rechercher fissures de bloc et problèmes de chemises : la solution durable par chemises à collerette (« top-hat liners ») est spécialisée et coûteuse.

L’aluminium protège les grandes surfaces visibles, pas les interfaces. La corrosion galvanique apparaît là où aluminium, acier, humidité et fixations se rencontrent : encadrements de portes, bas d’ailes, hayon et traverses sont à inspecter. Pour les châssis, la qualité de l’acier, l’évacuation de l’eau et l’état des points de suspension importent plus qu’une couche d’antigravillon.

Aperçu du marché et conseils d'achat

Les prix français observés en 2025-2026 confirment que l’étiquette « Land Rover » recouvre des réalités très éloignées. Une Series II ou IIA roulante et honnête se négocie généralement autour de 8 000 à 16 000 € ; une restauration suivie, un Station Wagon désirable ou une voiture très conforme peut dépasser 20 000 à 30 000 €. La Series III reste souvent la porte d’entrée, avec des exemplaires utilisables de 7 000 à 15 000 €. À ce niveau, il faut réserver un budget de remise à niveau plutôt que présumer une restauration terminée.

Le Defender commande une prime nette. Les 90 et 110 Tdi ou Td5 convenablement entretenus s’échangent fréquemment entre 25 000 et 50 000 € en France ; les plus tardifs, les carrosseries impeccables et les séries spéciales se situent bien au-dessus. Les annonces françaises illustrent l’écart : des Defender 90 et 110 en bon état sont affichés de l’ordre de 30 000 à 58 000 €, tandis qu’un 90 Td5 G4 de 2006, à faible kilométrage, a été proposé à 44 500 €. Un prix élevé n’exonère jamais le vendeur de prouver l’état du châssis, les travaux et la provenance.

Le Range Rover Classic présente le spectre le plus large. Sur le marché français, des projets ou véhicules incomplets peuvent apparaître sous 10 000 €, mais un exemplaire roulant demande souvent 15 000 à 30 000 €. Des annonces récentes donnent des repères concrets : un V8 3,9 l trois portes de 1990 avec remise à niveau documentée était proposé à 34 500 €, un 2,5 Turbo Diesel de 1992 à 22 000 €, et un Efi trois portes de 1993 à 24 900 €. Les premiers deux-portes, les V8 soignés et les autos à historique irréprochable peuvent dépasser largement 40 000 €. La médiane affichée par un observateur de marché au printemps 2026 atteignait 45 500 €, mais elle mélangeait des automobiles de 9 900 à 205 000 € : elle ne remplace donc pas l’examen d’un véhicule précis.

Le Discovery I, souvent sous-estimé, reste une alternative à partir d’environ 6 000 à 15 000 € pour un 300Tdi ou un V8 en état correct. Son habitacle pratique et ses quatre portes sont appréciables, mais les planchers, bas de caisse, châssis et le fonctionnement des équipements doivent être contrôlés avec la même rigueur qu’un Range Rover.

Avant toute offre, une visite sur pont avec un spécialiste Land Rover est une précaution rentable. Les priorités sont les suivantes :

  1. Châssis et traverses : sonder les longerons, traverse arrière, ancrages de suspension, supports de caisse et zones masquées. Une corrosion perforante ou un châssis réparé sans dossier peut changer entièrement l’économie du projet.
  2. Cloison pare-feu et planchers : sur Series et Defender, rechercher cloques autour des volets d’aération, du cadre de pare-brise, des pieds avant et de la pédalerie. C’est une restauration lourde, même si les pièces sont disponibles.
  3. Transmission : essayer gamme longue, gamme courte et blocage central lorsque le véhicule en est équipé. Écouter les ronflements de pont, vérifier le jeu des arbres et les fuites de boîtes. Les passages de rapports sous charge doivent être cohérents.
  4. Moteur et refroidissement : démarrage à froid, fumée, pression d’huile, température stabilisée et absence de mayonnaise ou de bulles persistantes dans le vase d’expansion sont à relever. Sur diesel Tdi, demander les preuves concernant distribution et pompe ; sur V8, chercher les signes de surchauffe ancienne.
  5. Direction, freins et trains roulants : le jeu n’est pas une caractéristique charmante. Contrôler pivots, rotules, boîtier de direction, flexibles, canalisations et comportement au freinage. Les sphères de pivot avant qui fuient ou sont sèches demandent un entretien précis.
  6. Électricité et accessoires : tester tous les feux, essuie-glaces, jauges, vitres, ventilation et accessoires. Une installation de treuil ou de phares additionnels doit être protégée, propre et cohérente avec l’homologation.
  7. Dossier administratif : factures, contrôles techniques antérieurs, photos de restauration, certificat de situation administrative et identité du véhicule sont essentiels. Pour un import, prévoir certificat étranger, quitus ou dédouanement selon l’origine, et démarches d’immatriculation avant de signer.

En France, la carte grise de collection mérite d’être comprise sans être idéalisée. Un véhicule de plus de 30 ans, dont le type n’est plus produit et qui est préservé dans son état d’origine sans transformation essentielle, peut être éligible. L’attestation de datation et de caractéristiques du constructeur ou de la FFVE sert ensuite au dossier ANTS lorsque nécessaire ; elle n’est pas elle-même une carte grise. Pour les véhicules légers postérieurs à 1960 immatriculés en collection, la validité du Contrôle Technique est de cinq ans, contre deux ans pour un véhicule en immatriculation normale. Lors d’une vente, vérifier la date et le contenu du CT reste indispensable : une périodicité plus longue ne rend ni la corrosion ni un freinage déficient acceptables. Une préparation très modifiée peut aussi compromettre l’éligibilité ou nécessiter une situation administrative spécifique ; mieux vaut clarifier ce point avant l’achat.

Au volant

Prendre place dans une Series, c’est accepter de conduire un outil historique. Les portes légères ferment avec un bruit métallique, la position est droite, la direction demande des gestes anticipés et le moteur 2,25 litres impose son rythme. Sur une route départementale, la conduite devient étonnamment apaisée lorsque l’on cesse de vouloir suivre les standards modernes. La visibilité, la proximité de la mécanique et la lenteur assumée encouragent les balades plutôt que les longs trajets autoroutiers.

Le Defender est plus polyvalent sans devenir policé. Les ressorts hélicoïdaux filtrent mieux les irrégularités, les Tdi fournissent un couple utile à bas régime et la position de conduite domine la circulation. Il conserve néanmoins du bruit d’air, des mouvements de caisse et un confort qui dépend énormément des pneus, sièges et amortisseurs. Bien réglé, il donne une impression de solidité et d’indépendance rare ; mal entretenu, il fatigue vite sur long parcours.

Le Range Rover Classic joue une partition plus feutrée. Avec un V8 en bonne santé, il roule avec une souplesse étonnante pour son âge ; les ressorts et les sièges permettent de voyager autrement qu’en Series. Sa silhouette posée, ses grandes surfaces vitrées et le grondement discret du V8 transforment un itinéraire ordinaire en déplacement de caractère. Il faut en accepter le carburant, les pièces spécifiques et la vigilance électrique. Le Discovery I ajoute une vraie fonctionnalité familiale : moins cérémonieux qu’un Range Rover, il est souvent le plus logique pour emmener passagers, bagages et chien à travers la France.

Design et carrosseries

L’identité Land Rover s’est construite par nécessité, puis par continuité. Les Series présentent des ailes séparées, des surfaces planes et des panneaux faits pour être remplacés. Leur élégance vient de l’absence d’effet : chaque charnière apparente, capote, porte arrière et toit tropical révèle une fonction. Un 88 court paraît vif et utilitaire ; un 109 Station Wagon prend une présence plus familiale, presque expéditionnaire. Les accessoires d’époque, les roues correctes et une sellerie cohérente sont souvent plus désirables qu’une personnalisation récente envahissante.

Le Range Rover Classic, dessiné sous la direction de David Bache, inverse le point de vue. Sa ligne sobre, son grand hayon et son pavillon visuellement flottant créent une forme moderne qui traverse les décennies. Les premiers trois-portes sont particulièrement purs ; les cinq-portes apportent le confort d’usage sans trahir l’idée d’origine. Les couleurs sobres, le velours ou le cuir et des jantes conformes à l’époque servent mieux cette architecture que les conversions excessives.

Le Defender conserve l’ossature visuelle des Series tout en gagnant des ailes plus larges et une posture plus affirmée. Sa force est de paraître honnête : un hard-top de travail, un 90 bâché et un 110 Station Wagon n’ont pas le même rôle, mais restent immédiatement identifiables. Pour l’amateur français, une conduite à droite peut être authentique sur un exemplaire britannique ; elle doit néanmoins correspondre à l’usage envisagé sur routes secondaires et aux manœuvres quotidiennes.

Culture, clubs et usage

Les Land Rover ne vivent pas seulement dans les concours. Ils ont servi les armées, les agriculteurs, les expéditions et les services de secours de nombreux pays. Cette histoire explique pourquoi les véhicules militaires, ex-administration ou convertis pour le raid sont nombreux. Ils peuvent être séduisants, à condition de distinguer une patine crédible d’une mécanique épuisée et de vérifier que les modifications figurent bien dans le dossier.

La France possède une scène particulièrement accueillante. Le Temps des Series’, association créée en 2004, privilégie l’entraide, les documents techniques et les sorties à l’allure des Land Rover à lames. Le Range Rover Classic Club rassemble les propriétaires du modèle, tandis que les associations régionales organisent sorties et apprentissage du franchissement responsable. Ces réseaux constituent une ressource précieuse avant achat : un membre expérimenté repère souvent plus vite qu’une annonce ne le dit un châssis remplacé, une configuration incohérente ou une pièce difficile à identifier.

La FFVE, qui fédère plus de mille clubs, offre également un annuaire de clubs, musées et professionnels. Pour le propriétaire, rejoindre un club n’est pas une formalité de collectionneur : c’est un moyen de trouver un garage compétent, des pièces, des archives et des conseils de circulation adaptés. Une Land Rover ancienne mérite d’être utilisée régulièrement, mais après une longue immobilisation il faut contrôler pneus, carburant, durites, circuit de freinage, liquides et refroidissement avant de partir loin.

Résumé

Acheter une Land Rover ancienne, c’est choisir entre plusieurs caractères britanniques plutôt qu’un modèle unique. La Series offre la simplicité et le charme d’un outil de 1948 à 1985 ; le Defender réunit utilité, voyage et une cote ferme ; le Range Rover Classic apporte le V8 et l’élégance d’un pionnier du luxe tout-terrain ; le Discovery I reste une option familiale pertinente.

Dans tous les cas, privilégiez la structure, la conformité et le dossier avant la brillance de la peinture. Un châssis sain, une cloison pare-feu documentée, un contrôle technique cohérent et des factures crédibles coûtent moins cher qu’une restauration imprévue. Trouvez sur Classic Trader une Land Rover ancienne dont l’état, la configuration et les démarches françaises correspondent réellement à votre projet.