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Des petits utilitaires Cob aux Spacevan et aux camions TS3 « Knocker », Commer incarne l’utilitaire britannique de caractère. Sur Classic Trader, la marque séduit les acheteurs français qui cherchent autre chose qu’un Combi Volkswagen ou un fourgon français déjà vu.
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1960 | Commer Cob
1960 Commer Cob Mark 2
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1960 | Commer TS3
Histoire et héritage
Commer fait partie des grands noms de l’utilitaire britannique, même si la marque reste beaucoup plus confidentielle en France que Bedford, Ford Transit ou Volkswagen. L’entreprise naît en 1905 sous le nom Commercial Cars Limited à Luton, dans le Bedfordshire, avec une spécialisation rare pour l’époque : les véhicules utilitaires à moteur thermique. Cette orientation donne très tôt à la marque une identité claire. Commer ne construit pas des voitures particulières reconditionnées à la marge ; la marque pense d’abord au transport, à la charge utile, à la compacité et au coût d’exploitation.
En 1926, Humber rachète l’entreprise et le nom Commer s’impose progressivement. Deux ans plus tard, l’ensemble rejoint le Rootes Group, ce qui place Commer dans une galaxie industrielle où l’on retrouve aussi Hillman, Singer, Sunbeam et plus tard Karrier. Pour le collectionneur d’aujourd’hui, ce rattachement est crucial : il explique pourquoi tant de Commers partagent leurs mécaniques, leurs trains roulants ou certains organes avec d’autres modèles Rootes. C’est un avantage concret pour l’achat et l’entretien.
L’histoire collection de Commer s’articule autour de quelques familles essentielles. Le Commer Express des années 1950 ouvre la voie côté utilitaire léger. Dérivé de la banque d’organes Hillman, il montre déjà la logique Rootes : rationaliser la mécanique sans sacrifier la capacité de chargement. Vient ensuite le Commer Cob, lancé en 1956, petit fourgon de livraison basé sur le Hillman Husky. Compact, simple et charmant, il est aujourd’hui l’un des Commer les plus faciles à intégrer dans une collection française disposant d’un garage normal plutôt que d’un hangar.
Pour les amateurs d’utilitaires plus marquants visuellement, le grand chapitre est celui du Commer FC, devenu PB, puis Spacevan. Lancé en 1960, ce fourgon à cabine avancée place le conducteur au-dessus de l’essieu avant et maximise le volume intérieur. Sa silhouette arrondie, sa voie avant étroite et son architecture très rationnelle lui donnent une personnalité immédiatement reconnaissable. C’est aussi le Commer qui parle le plus au public français actuel, parce qu’il peut être envisagé comme fourgon ancien, camping-car vintage, véhicule publicitaire, voire alternative beaucoup plus rare au Volkswagen Combi.
À l’autre extrémité de la gamme, Commer a aussi construit des camions lourds et des véhicules de travail aujourd’hui très recherchés par le monde du poids lourd ancien. Le Superpoise Q-series, apparu en 1939, installe la marque dans le camion moyen et lourd. Le Commer QX, lancé en 1948, est encore plus important historiquement car il adopte une architecture avancée et, à partir de 1954, reçoit le célèbre moteur TS3.
Le TS3 est au cœur du mythe Commer. Ce diesel 3 cylindres, 6 pistons, 2 temps, à pistons opposés, cubant 3,26 litres, développe environ 105 ch et surtout une forte personnalité mécanique. Son bruit si particulier lui vaut le surnom de “Commer Knocker”. Ce moteur, conçu pour être logé sous le plancher de cabine, permet de réduire l’encombrement, d’abaisser la ligne de capot et de proposer une architecture de camion moderne pour son époque. Dans l’univers des utilitaires anciens, il n’existe quasiment rien de comparable.
Commer absorbe aussi Karrier en 1934, renforçant sa présence dans les véhicules municipaux et industriels. Ensuite, le contexte industriel change. Chrysler prend progressivement le contrôle de Rootes en 1967, puis la marque Commer disparaît peu à peu au profit de Dodge à partir de 1976. Lorsque Peugeot rachète Chrysler Europe en 1978, les utilitaires britanniques issus de Commer entrent dans une phase de transition. Le site est alors exploité en partenariat avec Renault Véhicules Industriels / Renault Trucks, via Karrier Motors Ltd, ce qui donne à Commer un lien historique réel avec l’industrie française. La production du Spacevan survit jusqu’au 17 février 1983. C’est la fin d’une lignée commencée en 1905.
Highlights
Ce qui rend Commer désirable aujourd’hui n’est pas le prestige mondain. C’est exactement l’inverse. Un Commer plaît parce qu’il conserve le parfum du véhicule de travail authentique. Il rappelle les artisans, les télécommunications, les marchés, les livraisons locales, les vacances en camping-car artisanal et le génie britannique des solutions techniques inattendues.
Le Cob représente l’entrée la plus accessible dans l’univers Commer. Son format est compact, sa présentation sympathique et sa mécanique reste proche d’autres modèles Rootes. Pour un collectionneur français qui veut rouler en ancien utilitaire sans passer à la taille d’un gros fourgon ni aux contraintes d’un camion, le Cob est un choix intelligent. Il attire moins la spéculation que les combis Volkswagen, ce qui aide encore à conserver des prix cohérents.
La famille FC / PA / PB / Spacevan est la plus emblématique. Son intérêt principal est le rapport entre gabarit extérieur réduit et volume utile très généreux. Cette architecture en a fait une base idéale pour les fourgons tôlés, les pick-up, les véhicules d’artisans, les ambulances légères, les commerces ambulants et surtout les campers. En France, c’est clairement cette déclinaison qui peut créer le plus de demandes, car elle combine style, rareté et usage loisir. Un Commer aménagé d’époque avec carte grise française a beaucoup plus d’impact sur le marché hexagonal qu’un utilitaire nu sans histoire.
Les modèles aménagés par Auto-Sleeper, Highwayman, Jennings ou d’autres carrossiers sont particulièrement recherchés. Sur le marché français, où la culture du camping-car vintage progresse grâce aux salons comme Rétromobile et à la montée d’une vanlife plus patrimoniale, un Commer bien présenté peut séduire des acheteurs qui ne cherchaient au départ qu’un Estafette, un Peugeot J7 ou un VW T2.
Pour les amateurs de mécanique, le sommet reste le TS3 Knocker. Ce n’est pas seulement un moteur original ; c’est une pièce d’ingénierie qui raconte une autre voie possible pour le diesel routier. Le TS3 donne aux gros Commers une aura très particulière dans les rassemblements. Un camion Commer à moteur TS3 ne passe jamais inaperçu, d’abord visuellement, ensuite au démarrage, enfin par la conversation qu’il déclenche instantanément.
Les Superpoise et autres camions lourds Commer intéressent un marché plus étroit, mais passionné. Ils sont recherchés par les amateurs de poids lourds anciens, de véhicules militaires ou de patrimoine industriel. En France, leur intérêt dépend beaucoup du stockage, du permis adapté, du PTAC et du projet d’usage. Pour un collectionneur sans infrastructure, ils restent plus difficiles à assumer qu’un Cob ou qu’un Spacevan.
Autre qualité importante : les correspondances mécaniques Rootes. Sur les Cob et de nombreux FC/PB/Spacevan essence, certaines pièces moteur, d’allumage, d’embrayage, de refroidissement ou de trains roulants renvoient à des références Hillman, Humber, Singer ou Sunbeam. Cela ne rend pas la pièce abondante, mais cela évite que Commer soit une impasse absolue.
Données techniques
Le moteur TS3 mérite un paragraphe à lui seul. Il s’agit d’un diesel à pistons opposés, suralimenté, avec 6 pistons pour 3 cylindres, développant environ 270 lb-ft de couple à bas régime. Son implantation horizontale sous cabine explique l’allure si particulière des camions Commer. Le projet dérivé TS4 a bien existé, a roulé largement en essais, puis a été abandonné après la prise de contrôle de Rootes par Chrysler.
Pour les fourgons FC/PB/Spacevan, les moteurs essence les plus fréquents en collection sont les 1 494, 1 592 et surtout 1 725 cm³. Le diesel Perkins 4.108 attire davantage les gros rouleurs patients que les amateurs de performances. Sur route moderne, le Commer n’est jamais rapide ; il est surtout intéressant par son couple, son ambiance et sa compacité.
Aperçu du Marché et Conseils d'Achat
Le marché Commer en France reste petit, irrégulier et très opportuniste. Il faut souvent raisonner à l’échelle franco-britannique ou européenne plutôt qu’uniquement hexagonale. Les références de prix les plus nombreuses proviennent encore du Royaume-Uni, mais elles sont utiles à l’acheteur français car elles permettent de distinguer la valeur intrinsèque du véhicule et la prime liée à une immatriculation française, une carte grise collection, un aménagement d’époque ou une restauration déjà terminée.
Les résultats observés entre 2024 et 2026 donnent une bonne base. Un Commer Cob en état à reprendre peut rester autour de 1 200 à 3 500 € équivalent, tandis qu’un exemplaire plus présentable ou plus rare monte vers 6 500 à 7 000 €. En février 2025, un Cob a été adjugé 1 000 £ chez Mathewsons, signe qu’un projet reste encore abordable. À l’inverse, un Commer Cob 1965 a atteint 5 850 £ sur Car & Classic en 2025, soit environ 6 800 à 7 000 € selon le change.
Pour les campers Commer et les PB/Spacevan aménagés, les chiffres sont plus élevés car la clientèle est plus large. Une base roulante à reprendre peut encore se trouver autour de 5 000 à 7 000 €. Un exemplaire correct, complet et exploitable se place plutôt dans une fourchette 8 000 à 15 000 €. Une vente Mathewsons d’avril 2025 a vu un Commer Camper 1972 vendu 4 500 £. Une autre vente chez Anglia Car Auctions en avril 2024 a donné 5 616 £ pour un PB Campervan 1972. Dès qu’un véhicule a une carte grise française, un intérieur d’époque cohérent et une restauration sérieuse, la demande française accepte souvent une prime importante : un Commer 1500 camping-car restauré et carte grise française était proposé à 20 000 € en France en 2026, tandis qu’un rare Maidstone exposé à Rétromobile était affiché 22 000 €.
Les Spacevan tôlés non aménagés restent généralement moins chers que les campers, sauf provenance remarquable. En pratique, comptez environ 3 000 à 9 000 € selon l’état, la corrosion et le dossier. Les anciens véhicules de service, ex-télécoms ou ex-administration, bénéficient d’une histoire intéressante mais pas toujours d’une meilleure conservation.
Les camions TS3 Knocker et Superpoise relèvent d’un marché plus spécialisé. Pour un véhicule à remettre en route, 8 000 à 12 000 € peuvent suffire. Un exemplaire bien restauré, spectaculaire, documenté et prêt pour les rassemblements peut dépasser 20 000 €, parfois plus selon la carrosserie, le plateau, la benne ou l’histoire. Ici, l’offre française est très rare ; beaucoup d’acheteurs devront regarder le Royaume-Uni, l’Australie ou la Nouvelle-Zélande.
Pour un acheteur français, la question décisive n’est pas seulement le prix d’achat. C’est le prix rendu France. Depuis le Brexit, un Commer importé du Royaume-Uni suppose souvent formalités douanières, document 846A, transport, assurance transit, puis démarche d’immatriculation française. Pour un véhicule de plus de 30 ans, la voie la plus réaliste passe souvent par l’attestation FFVE puis la carte grise collection via l’ANTS. Cette solution est particulièrement logique pour Commer, marque rare, parfois sans documentation constructeur immédiatement disponible en France.
Le cadre français est plutôt favorable. Selon Service-Public et la FFVE, un véhicule de collection doit avoir 30 ans ou plus, ne plus être produit et rester proche de son état d’origine. Pour les voitures et camionnettes de collection mises en circulation à partir de 1960, le contrôle technique est requis tous les 5 ans. Pour les véhicules légers de collection avant 1960, il n’est plus obligatoire. La FFVE rappelle aussi des avantages importants en France : circulation dans les ZFE, fiscalité allégée dans certains cas, et possibilité de plaque noire. Pour les poids lourds de collection de plus de 30 ans, le régime est encore plus favorable. En revanche, la carte grise collection n’autorise pas un usage professionnel ordinaire.
Si vous achetez déjà un Commer immatriculé en France, vous économisez beaucoup de friction. C’est une vraie valeur marchande. Si vous achetez au Royaume-Uni, contrôlez soigneusement le V5C, l’identité châssis, le moteur présent, les éventuelles modifications et la cohérence entre la carrosserie et le type administratif. Sur les campers, la conformité entre l’aménagement, la catégorie administrative française et l’usage réel mérite une attention particulière.
La corrosion reste l’ennemi numéro un. Sur les FC/PB/Spacevan, examinez la face avant, les bas de caisse, les gouttières, les passages de roue, le contour de pare-brise, les coins arrière, les planchers de cabine, les points de levage et les ancrages de ressorts. Sous la ligne de caisse, les panneaux ondulés ou nervurés peuvent masquer des réparations approximatives. Sur les Cob, surveillez seuils, planchers, jonctions de panneaux et arrière de châssis.
Mécaniquement, les moteurs essence Rootes sont en général plus simples à vivre que la carrosserie n’est simple à sauver. Vérifiez refroidissement, pression d’huile, alimentation, jeu dans la direction, freins, bruits de pont et synchros de boîte. Sur un TS3, la vérification de l’entraînement de compresseur, du train de distribution et de la qualité de mise en route est essentielle. Le bruit typique fait partie du charme, mais un cognement anormal n’est pas toujours “normal”.
La question des pièces en France demande du réalisme. Il n’existe pas de grand réseau Commer hexagonal, mais la situation n’est pas bloquée. Des spécialistes comme Rootes Parts Service aux Pays-Bas expédient dans l’Union européenne et proposent pour Commer des éléments de freinage, joints, composants moteur, vitrages, direction, pompes à eau ou pièces de suspension. Beaucoup d’éléments se retrouvent aussi via l’écosystème Rootes. Le forum Commer Van Fan reste une source précieuse pour identifier références, compatibilités et vendeurs. En France, il faut surtout prévoir du temps, des commandes internationales et parfois la refabrication locale de tôles ou de garnitures.
Au Volant
Conduire un Commer ancien, c’est accepter de quitter la logique moderne de vitesse, d’insonorisation et de facilité. En échange, on gagne une expérience très dense, presque artisanale, qui rappelle que ces véhicules ont été conçus pour travailler avant tout.
Le Cob est le plus civilisé. On y retrouve une ambiance de petite anglaise des années 1950 avec un volume utile derrière. La position de conduite est droite, la commande de boîte demande un peu d’attention, la direction n’est pas légère mais reste honnête. En ville ou sur départementale, le Cob a du sens : on le place facilement, on profite de sa bouille sympathique et on comprend vite pourquoi il plaît aux collectionneurs qui veulent vraiment se servir de leur ancien.
Le FC/PB/Spacevan change totalement la perception. On est assis très en avant, presque au-dessus de la route. Le moteur entre les sièges chauffe, chante et impose sa présence. La visibilité est bonne vers l’avant, mais la sensation reste particulière à cause de la voie avant étroite et de la cabine avancée. À allure modérée, le Commer est étonnamment maniable ; à vitesse soutenue, il réclame anticipation et calme. Ce n’est pas un utilitaire pour autoroute rapide. C’est un compagnon de balade, de rassemblement, de marché vintage ou de week-end rétro.
En version camping-car, l’expérience change encore. Le plaisir ne tient pas à l’accélération mais au rituel : arriver, ouvrir, s’installer, cuisiner, dormir dans un aménagement d’époque. Un Commer aménagé offre souvent une largeur exploitable intéressante et une vraie ambiance sixties ou seventies. En France, où l’on compare naturellement tout au Volkswagen Combi, le Commer apporte quelque chose de plus discret, plus rare et souvent plus conversationnel.
Le TS3 Knocker, lui, joue dans une autre catégorie. Le démarrage, l’odeur, le bruit, la pulsation mécanique, la lente montée en régime : tout rappelle qu’on manipule une machine industrielle plutôt qu’un simple véhicule de promenade. Ce n’est pas un engin à acheter sans conviction forte. Mais pour l’amateur de patrimoine routier, il offre une présence sonore et mécanique inoubliable.
Design
Le design Commer ne cherche pas l’élégance gratuite ; il découle presque toujours de la fonction. C’est précisément ce qui le rend attachant aujourd’hui.
Le Cob possède la douceur visuelle des petits utilitaires britanniques de l’après-guerre : nez court, cabine haute, volumes simples, surfaces vitrées honnêtes. Il est modeste sans être banal. Bien restauré dans une livrée d’époque, avec lettrage artisanal ou couleurs de commerce ancien, il devient immédiatement photogénique.
Le FC/PB/Spacevan est plus radical. Sa forme avancée, ses rondeurs, son pare-brise panoramique et sa voie avant étroite lui donnent une allure presque expérimentale. Il n’a rien de neutre. Certains le trouvent charmant, d’autres franchement excentrique. Sur le marché de collection, cette singularité est une force, surtout face à l’uniformisation moderne. Le restylage Spacevan de la fin des années 1970, avec sa calandre plastique noire, montre bien la tentative de moderniser un concept né en 1960 sans en trahir la base.
Les versions aménagées sont souvent les plus séduisantes visuellement. Toit relevable, meubles en bois stratifié, rideaux, selleries d’époque, petits réchauds, éviers, glacières ou lits transversaux racontent tout un art du voyage lent. Un Commer camper authentique vaut davantage lorsqu’il conserve ses équipements, sa notice, ses badges de carrossier et une présentation fidèle plutôt qu’une rénovation trop contemporaine.
Sur les camions Superpoise et QX, le style raconte l’évolution du transport britannique : du camion encore très vertical d’avant-guerre au porteur plus moderne rendu possible par l’implantation mécanique basse. Le QX et ses descendants ne cherchent jamais la finesse, mais ils ont une vraie stature. Dans une collection française dominée par les Berliet, Saviem ou Citroën poids lourds, un Commer apporte une touche étrangère crédible et historiquement cohérente.
Autres
Commer n’a pas bâti sa réputation en compétition, mais la marque possède une vraie place dans la culture populaire. Au Royaume-Uni, le Spacevan des Postes et Télécoms est presque un décor national des années 1960 à 1980. Cette image de véhicule de service public renforce aujourd’hui son capital sympathie.
En France, le contexte culturel est différent mais intéressant. La montée de l’intérêt pour les utilitaires anciens, visible à Rétromobile, a ouvert le regard des acheteurs au-delà des seuls combis Volkswagen. Les Estafette, Type H, J7, Transit et quelques britanniques rares profitent de cette curiosité. Dans ce paysage, Commer occupe une niche très séduisante : assez rare pour intriguer, assez simple pour être utilisé, assez différent pour ne pas se confondre avec les références habituelles.
Le lien historique avec Renault Trucks après le rachat de Chrysler Europe par Peugeot apporte aussi un angle français intéressant. Même si la marque Commer avait déjà quasiment disparu, la phase Karrier Motors / Renault Véhicules Industriels rattache concrètement la fin de carrière de certains utilitaires Commer à l’histoire industrielle française. Pour un collectionneur hexagonal, ce détail crée un pont entre patrimoine britannique et culture camion française.
Enfin, certains Commers ont bel et bien été livrés neufs en France, ce qui change tout pour la désirabilité locale. Un exemplaire français d’origine, surtout en camping-car ou en véhicule commercial rare, possède une histoire plus lisible et souvent une intégration administrative plus simple. Sur un marché de niche, cette provenance peut faire la différence entre une curiosité à restaurer et un achat immédiatement séduisant.
Résumé
Commer occupe une place unique dans le monde des véhicules classiques. La marque réunit le petit utilitaire attachant avec le Cob, le fourgon vintage très désirable avec le FC/PB/Spacevan, et le camion d’ingénieur passionné avec le TS3 Knocker. Peu de constructeurs offrent une palette aussi large tout en restant fidèles à une identité de travail, d’ingéniosité et de caractère.
Pour un acheteur français, le bon Commer est rarement le moins cher. C’est celui dont la corrosion est honnête, dont l’identité administrative est claire, dont les pièces manquantes restent trouvables et dont le projet correspond réellement à votre usage. Un Cob est idéal pour entrer dans le monde Commer avec un budget mesuré. Un Spacevan ou un camping-car Commer bien conservé constitue une alternative rare et intelligente au Combi Volkswagen. Un TS3 s’adresse à l’amateur averti qui veut du spectacle mécanique et du patrimoine roulant sérieux.
En France, privilégiez si possible un véhicule déjà immatriculé, ou au moins un dossier propre pour l’obtention d’une carte grise collection via la FFVE. Vérifiez le contrôle technique applicable selon l’année et le PTAC, estimez le coût réel d’une importation depuis le Royaume-Uni, et gardez une réserve pour la tôlerie. Si ces bases sont bonnes, l’achat d’un Commer devient l’une des façons les plus originales d’entrer dans l’univers des utilitaires classiques.
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