Points forts
Cette Alvis Speed 25 SB de 1937 possède une histoire remarquablement bien documentée et qui remonte, selon les archives disponibles, à son utilisation comme voiture de démonstration d’usine. Sa première immatriculation est indiquée au 23 décembre 1937 ; dès février 1938, elle passa par l’intermédiaire de Charles Follett entre les mains de W. G. MacGregor à Londres. Après une reconstruction ultérieure, la voiture reçut une nouvelle carrosserie selon le Vanden Plas Design No. 1460. À cela s’ajoutent des participations aux Mille Miglia et à l’Ennstal-Classic – une histoire qui rend cette Speed 25 intéressante bien au-delà de ses seules caractéristiques techniques.
Présentation générale de l’Alvis Speed 25
La Speed 25 fait partie des grands modèles six cylindres produits par Alvis durant la seconde moitié des années 1930. Pour cette gamme, la période de production indiquée dans les données du véhicule s’étend de 1936 à 1940. Les informations disponibles pour l’annonce mentionnent un total de 391 châssis des variantes SB et SC.
Le six cylindres en ligne de 3 571 cm³ est indiqué dans les données actuelles du véhicule avec une puissance de 115 ch, soit 85 kW. La description du modèle mentionne également trois carburateurs SU et un vilebrequin reposant sur sept paliers. La transmission est assurée, sur cet exemplaire à conduite à droite, par une boîte de vitesses manuelle.
Pour une automobile comme celle-ci, son histoire individuelle est toutefois au moins aussi importante que sa conception. La carrosserie actuelle de type tourer fait explicitement partie de cette histoire et n’est pas une carrosserie d’usine conservée sans modification : après la redécouverte de la voiture dans les années 1970, celle-ci fut reconstruite et dotée d’une nouvelle carrosserie inspirée d’un dessin historique de Vanden Plas.
Ce véhicule
Extérieur
Aujourd’hui, le châssis 14466 se présente sous la forme d’un tourer ouvert blanc avec un intérieur noir. Les photographies disponibles montrent une carrosserie classique à ciel ouvert, avec un long capot, des ailes séparées et une partie arrière plongeante. Selon les archives historiques, la carrosserie actuelle suit le Vanden Plas Design No. 1460 pour le châssis Speed 25 et fut réalisée sous la forme d’un tourer deux portes et quatre places, avec la roue de secours intégrée à l’arrière.
Intérieur
L’intérieur est indiqué dans les données du véhicule comme étant en cuir noir. Le caractère ouvert de cette quatre places associe ainsi la teinte claire de la carrosserie à un habitacle volontairement contrasté. Les photographies montrent également une instrumentation généreuse – un détail qui, fait intéressant, était déjà expressément mentionné dans les archives historiques lors de l’acquisition de la voiture en 1972.
Technique
L’Alvis est animé par un six cylindres en ligne de 3 571 cm³. Les données actuelles indiquent une puissance de 115 ch, soit 85 kW. La description du véhicule mentionne en outre trois carburateurs SU. La voiture possède une conduite à droite et une boîte de vitesses manuelle.
Les données actuelles indiquent un kilométrage de 19 000 kilomètres. Compte tenu de l’âge du véhicule et de son histoire particulièrement riche, cette valeur ne doit pas être interprétée comme le kilométrage total attesté depuis 1937.
Historique
C’est ici que commence la partie véritablement fascinante de cette Alvis. Selon les archives historiques disponibles, CKV 868 commença sa vie comme voiture de démonstration d’usine. Ces archives établissent également un lien avec certaines modifications ultérieures apportées au véhicule. Sa première immatriculation aurait eu lieu le 23 décembre 1937.
Le 4 février 1938, l’Alvis fut cédée à Charles Follett, qui la vendit à W. G. MacGregor, 72 Onslow Gardens, London SW7. Pour la période allant de février 1938 à août 1961, les archives historiques elles-mêmes qualifient la documentation de lacunaire – une précision importante qui n’est volontairement pas lissée.
À partir d’août 1961, l’histoire devient de nouveau plus précise. Un Tax Disc conservé est associé dans les archives à Messrs. Boyle, père et fils, qui auraient travaillé chez le grand concessionnaire Jaguar de Glasgow. La voiture passa ensuite entre les mains de David Templeton à Kilwinning, Ayrshire. Celui-ci aurait possédé l’Alvis pendant neuf ans sans toutefois l’utiliser. Elle passa ensuite chez Stan Pollard de Great Harwood, près de Preston, décrit comme un passionné et marchand local de la marque Alvis.
Un tournant décisif intervint le 4 août 1972. Ce jour-là, Brian A. D’Arcy-Drake, d’Alveston près de Bristol, acheta l’Alvis selon les archives historiques sous la forme d’une épave complète. La description de l’époque est particulièrement intéressante : malgré son état, la voiture était explicitement décrite comme présentant des « matching numbers », et ses trois carburateurs ainsi que son instrumentation particulièrement complète étaient mis en avant. Cette mention historique doit être distinguée d’une vérification technique actuelle des Matching Numbers.
Par la suite, la voiture fut reconstruite et re-carrossée. Selon la documentation, le modèle de référence était le Vanden Plas Design No. 1460 pour le châssis Speed 25. La nouvelle carrosserie fut réalisée sous la forme d’un tourer deux portes et quatre places, avec une roue de secours intégrée à la partie arrière plongeante. Cette re-carrossage documenté constitue aujourd’hui un élément essentiel de son identité.
En 1995, CKV 868 passa aux mains du fils de Brian, Angus James D’Arcy-Drake. Celui-ci vendit la voiture en 2005 à un négociant automobile allemand. En juillet 2006, Rudolf W. Hug de Zurich acquit l’Alvis et la remit sur la route en Suisse sous le numéro d’immatriculation TI 33 791.
En août 2008, la Speed 25 arriva finalement en Autriche. Un collectionneur viennois acquit la voiture et, selon les archives historiques, la fit immatriculer sous le numéro particulièrement approprié W ALVIS 1.
Mille Miglia et Ennstal-Classic
Le fait que cette Alvis n’ait pas seulement été collectionnée, mais également utilisée comme il se doit, ressort de son historique en compétition et en rallyes historiques. Selon les informations confirmées concernant le véhicule, la Speed 25 a notamment participé aux Mille Miglia. Elle a également pris le départ de l’Ennstal-Classic. Le dossier photographique de l’annonce comprend lui aussi des images historiques prises lors de ces événements, documentant cette période plus récente de son histoire.
Selon le déposant, la participation antérieure aux Mille Miglia lui confère également une éligibilité correspondante. Pour toute participation future, les conditions d’inscription et d’éligibilité en vigueur au moment de l’événement restent bien entendu déterminantes.
Documentation
Une documentation historique écrite accompagne le véhicule et permet de retracer les principales étapes de son histoire de 1937 jusqu’à son arrivée en Autriche. Par ailleurs, un statut FIVA figure dans les données actuelles du véhicule. La mention historique des Matching Numbers est explicitement documentée pour 1972 ; les données structurées actuelles contiennent toutefois une indication contradictoire à ce sujet. Une confirmation actuelle des Matching Numbers devrait donc être effectuée séparément sur la base des documents du véhicule et des numéros correspondants.
Résumé
Cette Alvis Speed 25 n’est pas une automobile d’avant-guerre dont l’histoire aurait été commodément lissée – et c’est précisément ce qui la rend intéressante. Son parcours va de son utilisation présumée comme voiture de démonstration d’usine en 1937, à différents propriétaires britanniques, en passant par plusieurs années d’immobilisation et sa redécouverte sous forme d’épave en 1972, avant sa reconstruction avec une carrosserie inspirée du Vanden Plas Design No. 1460.
Plus tard, elle passa par l’Allemagne et la Suisse avant d’arriver en Autriche. Les participations aux Mille Miglia et à l’Ennstal-Classic ajoutent à cette provenance une histoire active dans les événements historiques. Plutôt que de dissimuler sa re-carrossage, cette Speed 25 assume ouvertement ses différentes vies – et possède précisément pour cette raison une biographie automobile exceptionnellement riche et nuancée.
Impression personnelle
Pour une voiture qui a presque quatre-vingt-dix ans, ce qui m’intéresse n’est pas seulement de savoir à quel point son passé paraît impeccable, mais aussi quelle part de ce passé peut réellement être racontée. Cette Alvis a beaucoup à raconter : voiture de démonstration d’usine, Londres, Écosse, redécouverte comme épave en 1972, reconstruction selon un dessin de Vanden Plas, puis la Suisse et Vienne – avant les Mille Miglia et l’Ennstal-Classic. Ce n’est pas une provenance stérile. C’est une véritable vie automobile, avec des ruptures, une renaissance et des kilomètres qui, manifestement, ont été parcourus pour de bonnes raisons.