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Acheter Motos Laverda

Des ateliers de Breganze sont sorties des machines refusant tout compromis, des petits quatre-temps d'après-guerre aux brutaux trois-cylindres qui ont dominé le trône des superbikes à la fin des années 70.

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Résultats de la recherche

Image 1/6 de Laverda 75 Sport (1953)
1 / 6
2 200 €
🇮🇹
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Image 1/6 de Laverda 750 SF (1971)
1 / 6
10 900 €
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Image 1/32 de Laverda 75 Sport (1954)
1 / 32
1 300 €
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Image 1/49 de Laverda 750 SF (1970)
1 / 49

1970 | Laverda 750 SF

Schöner restaurierter Zustand

13 500 €
🇩🇪
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Image 1/20 de Laverda 125 LB Custom (1988)
1 / 20
4 800 €
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Image 1/4 de Laverda 1000 3 C I (1977)
1 / 4

1977 | Laverda 1000 3 C I

LAVERDA 3C/CL 1000 1977 - 17.000KM ORIGINALI - ISCRITTA FMI

14 000 €
🇮🇹
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Références d'annonces "Laverda" de Classic Trader

Vous trouverez ci-dessous des annonces liées à votre recherche qui ne sont plus disponibles sur Classic Trader. Utilisez ces informations pour obtenir un aperçu de la disponibilité, des tendances de valeur et des prix actuels d'une "Laverda" afin de prendre une décision d'achat plus éclairée.

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Image 1/47 de Laverda 125 LB Custom (1988)

1988 | Laverda 125 LB Custom

-

3 800 €le mois dernier
🇮🇹
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Image 1/14 de Laverda 750 SF (1976)

1976 | Laverda 750 SF

Construit pour la vitesse, le caractère et les longues routes de campagne

Vente aux enchèresle mois dernier
🇦🇹
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Image 1/30 de Laverda 1000 RGS (1983)

1983 | Laverda 1000 RGS

-

6 300 €il y a 4 mois
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Image 1/20 de Laverda 125 LB Custom (1988)

1988 | Laverda 125 LB Custom

-

4 800 €il y a 4 mois
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Image 1/4 de Laverda 1000 SFC (1986)

1986 | Laverda 1000 SFC

1000 SFC

13 500 €il y a 5 mois
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Image 1/8 de Laverda 750 GT (1969)

1969 | Laverda 750 GT

Totalmente restaurata nel 2022 documenti da passaggio iscritta moto epoca FMI

8 500 €il y a 7 mois
🇮🇹
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Image 1/21 de Laverda 750 SF 2 (1974)

1974 | Laverda 750 SF 2

1974 Laverda 750 SF2 749cc

Prix sur demandeil y a 7 mois
🇬🇧
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Image 1/50 de Laverda 750 S Sport (2000)

2000 | Laverda 750 S Sport

2000 Laverda 750S 747cc

Prix sur demandeil y a 8 mois
🇬🇧
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Image 1/45 de Laverda 750 SF (1973)

1973 | Laverda 750 SF

-

9 900 €il y a 9 mois
🇮🇹
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Depuis 1949, le nom Laverda incarne une ingénierie motocycliste italienne caractérisée par sa robustesse et ses succès en compétition. Ce qui a commencé comme une branche d'un fabricant de machines agricoles s'est transformé en une manufacture de machines de haute performance, acquérant une reconnaissance internationale dans les années 1970 grâce à ses moteurs à trois cylindres. Pour le collectionneur français, Laverda représente non seulement l'excellence technique, mais aussi une page glorieuse de l'histoire de l'endurance, marquée par des participations mémorables au Bol d'Or et sur le circuit du Castellet. Les machines de Breganze, avec leur livrée orange caractéristique, occupent une place à part dans le cœur des passionnés de l'Hexagone, symbolisant une époque où la puissance brute et la fiabilité mécanique primaient sur les artifices électroniques.

Histoire & Héritage

Fondation et premières années (1949-1960)

Francesco Laverda, petit-fils du producteur de machines agricoles Pietro Laverda, a fondé en 1949 à Breganze la Moto Laverda S.p.A. L'expérience acquise dans la construction de machines agricoles a été mise à profit pour concevoir des motos robustes et fiables. À partir de 1950, la Laverda 75 quitte l'usine – une petite moto quatre-temps de 75 cm³ qui se distingue par sa fabrication économique et sa fiabilité exemplaire. En 1955 suit la Laverda 100, qui s'illustre dans des courses comme le Milano-Taranto avec des pilotes tels que Mariani, Fontanili et Castellani. Ces petites machines ont largement contribué à la motorisation de l'Italie et de l'Europe du Sud après la Seconde Guerre mondiale, offrant une alternative robuste aux productions plus fragiles de l'époque.

L'ascension vers les grosses cylindrées (1968-1973)

Lorsque Massimo Laverda, lui-même pilote émérite sur les machines de la marque, prend la direction de l'entreprise, l'accent se déplace vers les plus grosses cylindrées pour répondre à la demande croissante du marché mondial, notamment américain. En 1968 naissent les modèles bicylindres 650 et 750, conçus avec un cadre ouvert et un moteur porteur. Les variantes 750 GT, 750 S, 750 SF et 750 GTL sont produites jusqu'en 1977, établissant Laverda dans le segment des motos de tourisme sportives. Parallèlement, l'usine de Breganze développe le trois-cylindres de 1000 cm³ avec double arbre à cames en tête, qui entre en production de série en 1973. Cette machine pose les jalons de la réputation de Laverda comme fabricant de motos de haute performance sans compromis, capables de rivaliser avec les meilleures productions japonaises tout en conservant un caractère latin affirmé.

L'ère de la légende à trois cylindres (1973-1982)

La Laverda 3C (1973) combine une cylindrée de 981 cm³, un double arbre à cames et un calage de vilebrequin à 180°. Avec 85 ch à 7 250 tr/min, la machine dépasse les 210 km/h. En 1976, sous l'impulsion de l'importateur britannique Slater Brothers, naît la Laverda Jota – nommée d'après une danse espagnole à trois temps. Grâce à des pistons haute compression, des arbres à cames plus pointus et un échappement libre, la Jota développe 90 ch et atteint 225 km/h. Jusqu'à l'introduction de la Honda CBX1000 en 1978, elle reste la moto de série la plus rapide au monde. La Jota est produite jusqu'en 1982, année où apparaît la Jota 120° avec un calage de vilebrequin modifié pour plus de souplesse. Parallèlement, des modèles comme la RGS 1000 (tourisme) et la Laverda 1200 (1982-1988) voient le jour, cette dernière offrant un couple encore plus généreux pour les amateurs de longs trajets.

Déclin et tentatives de renaissance (années 1980-2000)

Malgré ses succès techniques, Laverda traverse une crise financière au milieu des années 1980. La production artisanale n'est plus adaptée à la concurrence industrielle massive, et les machines sont jugées complexes et coûteuses à entretenir par le grand public. En mars 1987, l'entreprise dépose le bilan. En 1993, un retour est tenté sous l'égide de Francesco Tognon : l'usine déménage à Zanè, où des motos sportives modernes basées sur la série 650 (jusqu'en 1997) sont produites. Suivent les modèles Zanè (Laverda 750 en diverses versions comme la Formula ou la Ghost), produits jusqu'en 2002. La production s'arrête ensuite définitivement. En 2004, Laverda est rattachée à Aprilia, puis en 2006, le groupe Piaggio reprend l'ensemble. Depuis, la marque est en sommeil, mais son héritage reste vivace chez les passionnés français, notamment via des structures comme le Laverda Club de France et le site de référence Laverdamania, animé par Jean-Louis Olive, véritable mémoire vivante de la marque dans l'Hexagone.

Points Forts & Caractéristiques

Le trois-cylindres à 180° : Une signature sonore unique

Le moteur de 981 cm³ de Laverda avec son calage à 180° produit une sonorité caractéristique, à mi-chemin entre un bicylindre et un trois-cylindres au calage régulier. Cette séquence d'allumage asymétrique génère des vibrations marquées au-delà de 5 000 tr/min, ce qui a valu à la machine sa réputation de "pur-sang indomptable". Pour les amateurs, ce "bruit Laverda" est une musique mécanique irremplaçable, un grondement sourd qui se transforme en hurlement rageur dans les tours. La variante à 120° introduite en 1982 offre plus de souplesse et de confort, mais elle est souvent jugée moins charismatique par les puristes qui préfèrent le caractère rugueux des premiers modèles.

Une technologie éprouvée en endurance

La 750 SFC (Super Freni Competizione) a dominé les courses d'endurance entre 1971 et 1976. Seuls 549 exemplaires de cette moto de course ont été produits (1971-1976). La SFC était une véritable machine de compétition homologuée pour la route, équipée d'un tachymètre et de clignotants – une "moto de course pour la rue" dans toute sa splendeur. En France, elle a marqué les esprits lors des épreuves du championnat d'Europe d'endurance, prouvant que la robustesse héritée du monde agricole pouvait se transformer en une arme redoutable sur circuit. Chaque SFC était assemblée à la main au département compétition, garantissant une qualité de finition et de performance exceptionnelle pour l'époque.

Un ADN anglo-italien : L'influence des Slater Brothers

La Jota n'est pas née en Italie, mais dans les ateliers de l'importateur britannique Slater Brothers à Bromyard. Ils ont développé le concept de préparation (pistons, arbres à cames 4C, échappement) qui a ensuite été adopté par Laverda comme modèle d'usine. Cette collaboration explique pourquoi les spécifications britanniques sont particulièrement prisées des collectionneurs. En France, de nombreuses Jota ont été importées avec ces spécifications, offrant aux pilotes français le summum de la performance italienne "boostée" par l'ingéniosité britannique.

La qualité des matériaux et de l'aluminium

Un point crucial pour les acheteurs est la qualité de l'aluminium utilisé par Laverda à certaines époques. Avec les cycles de chaleur et le temps, le matériau peut devenir poreux ou cassant. Les culasses, les pistons et les carters peuvent présenter des signes de fatigue. C'est l'une des causes principales des restaurations coûteuses sur les modèles des années 70. Cependant, une fois restaurées avec des matériaux modernes, ces machines retrouvent une fiabilité exemplaire, capable de parcourir des dizaines de milliers de kilomètres sans encombre.

Données Techniques

Laverda Jota 1000 (1976-1982)

Laverda 750 SFC (1971-1976)

Aperçu du Marché et Conseils d'Achat

Fourchettes de prix par modèle (2024-2025)

Le marché français et européen des Laverda s'est stabilisé ces dernières années, avec une prime importante pour les modèles à l'historique limpide et à l'originalité préservée. Les prix en France sont souvent influencés par les grandes ventes aux enchères parisiennes :

  • 750 SFC (1971-1976) : Entre 40 000 € et 110 000 €. En France, les ventes aux enchères comme celles d'Artcurial lors de Rétromobile ont vu des exemplaires originaux atteindre des sommets. Une SFC de 1971 en état d'origine peut dépasser les 100 000 €. Les exemplaires restaurés se situent généralement entre 45 000 € et 65 000 €. Attention aux répliques, nombreuses sur le marché.
  • Jota 1000 (1976-1982) : Entre 15 000 € et 28 000 €. Les modèles en bon état de marche se négocient autour de 18 000 €. Les versions "Jota 120" sont légèrement moins chères (15 000 € - 20 000 €) que les versions 180° plus recherchées.
  • 750 SF/SF3 (1970-1976) : Entre 8 000 € et 18 000 €. C'est la porte d'entrée classique dans l'univers Laverda. Un bel exemplaire SF2 ou SF3 bien entretenu se trouve aux alentours de 12 000 €. Les modèles SF1 sont également très appréciés pour leur simplicité.
  • RGS 1000 (1982-1987) : Entre 7 000 € et 14 000 €. Moins prisée pour son design plus massif et caréné, elle offre pourtant une excellente expérience de conduite pour les longs trajets et une fiabilité moteur accrue.
  • 1200 Mirage/TS (1982-1988) : Entre 9 000 € et 18 000 €. Ces modèles offrent un couple impressionnant et sont parfaits pour ceux qui veulent rouler loin avec un triple italien.

Profils d'acheteurs

  1. Le collectionneur de prestige : Il recherche exclusivement la 750 SFC ou les premières Jota (1976-1978) avec "Matching Numbers" (numéros de cadre et moteur concordants), couleurs d'origine (Orange SFC ou Rouge/Or Jota) et documentation complète. Il est prêt à investir plus de 50 000 € pour une pièce de musée.
  2. L'enthousiaste de l'endurance : Il cherche une machine fiable pour participer à des événements comme le Bol d'Or Classic ou les Coupes Moto Légende. Il privilégie la santé mécanique sur l'esthétique parfaite et accepte des modifications améliorant la fiabilité (allumage électronique, freins modernisés).
  3. Le restaurateur passionné : Il achète des projets à partir de 6 000 €, mais doit être conscient que les coûts de restauration peuvent facilement atteindre 20 000 € à 40 000 € pour une remise à neuf totale, dépassant souvent la valeur de marché finale.

Points de vigilance lors de l'achat

  • État du moteur (critique) : Une simple mesure de compression ne suffit pas. Les gorges de segments s'usent verticalement, ce qui pose problème sous charge. Les sièges de soupapes ont tendance à s'enfoncer dans la culasse, rendant le réglage impossible – une réfection de culasse coûte entre 1 500 € et 2 500 €. Les guides de soupapes s'usent également vite car il n'y a pas de joints d'étanchéité à l'échappement d'origine. Une révision complète du moteur peut coûter entre 8 000 € et 15 000 €.
  • Pistons haute compression : Les Jota tournent avec un taux de 10:1. Les pistons d'origine sont introuvables. Les solutions de remplacement (Omega, Cosworth) coûtent cher (800 € - 1 200 € le jeu) et nécessitent un ajustement précis.
  • Cadre et aluminium : Vérifiez les soudures du cadre double berceau, surtout au niveau des supports moteur et de la colonne de direction. L'aluminium des carters peut présenter des micro-fissures ou une porosité due à l'âge. Une inspection minutieuse à la lampe est indispensable.
  • Système électrique : L'allumage était mécanique jusqu'en 1980, puis électronique. Les systèmes électroniques modernes (type Sachse ou DMC) sont une amélioration courante et recommandée pour la fiabilité. Vérifiez également l'état du faisceau, souvent "bricolé" au fil des décennies.
  • Disponibilité des pièces : Si les pièces d'usure courante (roulements, joints, chaînes) se trouvent, les pièces spécifiques (arbres à cames, vilebrequins, carrosserie) sont rares et onéreuses. Des spécialistes comme Laverdamania en France ou des fournisseurs en Allemagne et au Royaume-Uni sont des ressources précieuses.

Expérience de Conduite

La Jota 1000 : Une force de la nature

La première chose qui frappe sur une Jota, c'est la dureté de l'embrayage. En ville, c'est un calvaire pour l'avant-bras gauche ; sur route ouverte, on l'oublie. Sous les 4 000 tr/min, le moteur est grognon, envoyant des vibrations dans le guidon et les repose-pieds. Mais passé 5 000 tr/min, la machine se métamorphose. Le hurlement du trois-cylindres devient addictif, les vibrations s'intensifient mais la poussée est d'une linéarité brutale. À 7 000 tr/min, c'est un chaos contrôlé : les rétroviseurs sont flous, mais l'accélération vous propulse avec une autorité que peu de machines de l'époque possédaient. C'est une expérience sensorielle totale, où chaque changement de rapport est une victoire.

Stabilité à haute vitesse et maniabilité

La partie-cycle de la Jota est un compromis entre la piste et la route. Sous les 110 km/h, elle peut paraître lourde et nerveuse, demandant de l'effort pour être inscrite en virage. Au-delà de 120 km/h, la géométrie se stabilise, la fourche Marzocchi travaille avec précision et les freins Brembo offrent un mordant rassurant, bien que demandant une poigne ferme. La Jota est faite pour les grandes courbes et les étapes rapides, pas pour les centres-villes encombrés. Sur les routes de campagne françaises, elle demande un pilotage "à l'ancienne", avec le corps, pour être vraiment efficace.

La 750 SFC : L'essence de la course

Avec environ 190 kg à sec pour 75 ch, la SFC est nettement plus maniable que la Jota. La position de conduite est extrême : basculée vers l'avant, les repose-pieds hauts, le menton sur le réservoir. C'est une machine qui demande de l'engagement : des entrées en virage incisives, des freinages appuyés et une remise des gaz précoce. Le son du bicylindre calé à 360° est sec et agressif, rappelant les grandes heures de l'endurance. La SFC n'est pas faite pour la balade dominicale, mais pour les journées sur circuit ou les montées de cols où elle peut exprimer tout son potentiel.

Le calage 180° vs 120° : Deux philosophies

Le calage à 180° (jusqu'en 1981) crée cette séquence d'allumage irrégulière responsable du caractère et du son "Laverda". La version 120° introduite en 1982 est plus équilibrée, vibre moins et est plus adaptée aux longs trajets, offrant une conduite plus "moderne" et moins fatigante. En France, la version 180° reste la plus emblématique de l'esprit de Breganze, mais la 120° a ses adeptes parmi ceux qui aiment voyager loin avec leur italienne.

Design & Philosophie

Le fonctionnalisme avant tout : La beauté par la technique

Les designers de Laverda ne suivaient pas de mode, mais des impératifs techniques. Le cadre massif est apparent, les soudures sont visibles, les faisceaux électriques ne sont pas cachés par des caches en plastique inutiles. Le réservoir est large pour offrir une autonomie décente en course, la selle étroite pour faciliter les mouvements du pilote, et l'échappement domine souvent la silhouette. Cette approche "brute" confère aux Laverda une honnêteté esthétique qui résonne particulièrement aujourd'hui face aux motos modernes souvent trop carénées et aseptisées.

L'Orange Laverda : Une icône visuelle mondiale

La 750 SFC dans son coloris orange vif est devenue l'emblème de la marque. Ce choix n'était pas esthétique au départ, mais pratique : l'orange était la couleur la plus visible sur la piste pour les mécaniciens lors des ravitaillements nocturnes en endurance. La Jota est restée célèbre dans sa livrée rouge avec des filets dorés sur un cadre argenté. Ces combinaisons de couleurs sont indissociables de l'identité Laverda et doivent être respectées lors d'une restauration pour maintenir la valeur et l'âme du véhicule.

L'influence des marchés export et le style "Superbike"

L'influence britannique via les Slater Brothers a apporté des éléments de design spécifiques qui ont défini le look "Superbike" des années 70 : guidons plus larges, selles à dosseret, clignotants spécifiques. Ces détails font de la Jota un hybride anglo-italien unique. En France, les machines étaient souvent importées avec des spécifications européennes standard, mais beaucoup de propriétaires ont adopté les améliorations esthétiques et techniques "UK" au fil des ans, créant des machines personnalisées mais respectueuses de l'esprit d'origine.

Une cible de connaisseurs et de passionnés

Laverda n'a jamais visé les débutants. Les machines étaient chères, exigeantes physiquement et demandaient un entretien rigoureux. La clientèle était composée de passionnés cherchant le prestige italien et les performances de la compétition sans vouloir la relative "banalité" des productions japonaises. Ce positionnement explique les faibles volumes de production et le statut culte actuel. Posséder une Laverda en France dans les années 70 était un signe de distinction, un choix de connaisseur qui privilégiait le caractère et la robustesse.

Compétition & Succès

La domination en endurance (1971-1976)

La Laverda 750 SFC a été conçue spécifiquement pour les courses d'endurance. Son palmarès est impressionnant : victoire aux 24 Heures de Barcelone en 1972, succès aux 1000 km de Monza, et de nombreuses places d'honneur au Bol d'Or. Face aux Ducati 750 SS, Honda CB750 et BMW R90S, la Laverda s'imposait par sa robustesse et sa capacité à maintenir un rythme élevé pendant 24 heures sans faillir. L'endurance était le terrain de jeu idéal pour démontrer la fiabilité des composants Laverda, souvent surdimensionnés par rapport à la concurrence.

Le Bol d'Or et la légende de la V6 : Un moment d'histoire au Castellet

Pour le public français, le moment le plus iconique reste le Bol d'Or 1978 sur le circuit Paul Ricard au Castellet. Laverda y a aligné une machine révolutionnaire qui a marqué les esprits à jamais : la V6 1000. Conçue par l'ingénieur Giulio Alfieri (ex-Maserati), elle disposait d'un moteur V6 à 90°, refroidi par eau, avec quatre arbres à cames, 24 soupapes et une transmission par cardan. Bien qu'elle n'ait pas terminé la course en raison d'un problème de cardan, elle a marqué l'histoire en étant chronométrée à plus de 280 km/h dans la ligne droite du Mistral, dépassant toutes les autres machines, y compris les quatre-cylindres japonais d'usine. C'est l'un des moments les plus célèbres de l'histoire du Bol d'Or, symbolisant l'audace technique de Breganze.

L'esprit de Breganze en France aujourd'hui

La France a toujours été un marché important pour Laverda, avec un réseau d'importation dynamique et des clubs très actifs. Les succès en endurance ont créé une base de fans très fidèle qui se transmet la passion de génération en génération. Aujourd'hui, des événements comme les Coupes Moto Légende à Dijon-Prenois ou le Bol d'Or Classic voient toujours des Laverda en piste, souvent préparées avec soin par des spécialistes français. Ces machines ne sont pas des pièces de musée statiques ; elles continuent de rugir sur les circuits, prouvant que l'ingénierie de Francesco Laverda était faite pour durer.

Résumé

Acheter une Laverda n'est pas un acte de raison, mais de passion pure. Ces motos demandent une compréhension mécanique, un entretien régulier et une certaine force physique pour être menées à bien. La 750 SFC reste le graal absolu du collectionneur : rare (549 exemplaires), victorieuse en endurance et dotée d'une valeur de revente solide (40 000 € - 110 000 €). La Jota 1000 incarne l'ère brutale des superbikes des années 70 : rapide, caractérielle et exigeante, elle offre des sensations qu'aucune machine moderne ne peut reproduire.

Pour un acheteur français, acquérir une Jota entre 18 000 € et 25 000 € nécessite de prévoir un budget de remise à niveau immédiat de 3 000 € à 5 000 € pour garantir une fiabilité optimale. Les projets de restauration (à partir de 7 000 €) sont rarement rentables financièrement, mais ils sont un acte d'amour pour le patrimoine motocycliste italien. Entendre le hurlement du trois-cylindres à 7 000 tr/min dans la campagne française suffit à comprendre pourquoi certains investissent autant dans ces machines de 50 ans. Ce n'est pas de la logique, c'est de l'émotion pure.

Trois points clés pour l'acheteur :

  1. La SFC pour la collection et l'investissement (40 000 € - 110 000 €) : Un investissement avec un pedigree de course exceptionnel, mais délicat à faire rouler sans risquer de dévaluer l'originalité.
  2. La Jota pour le caractère et les sensations (18 000 € - 28 000 €) : L'expérience ultime du trois-cylindres, demande de l'expertise, une poigne ferme et un budget d'entretien conséquent.
  3. La 750 SF pour l'entrée de gamme et le plaisir quotidien (10 000 € - 15 000 €) : Un accès plus civilisé et robuste à la marque, tout en conservant l'ADN de Breganze et une sonorité envoûtante.

Laverda est une marque pour ceux qui refusent les compromis – tout comme les machines qui sortaient des ateliers de Breganze. Que ce soit pour briller dans un rassemblement de motos classiques, pour participer à une démonstration sur circuit ou pour attaquer les courbes d'un col alpin, une Laverda reste une signature, un choix affirmé dans le monde du collectionneur averti. C'est une part d'histoire italienne qui continue de vivre à chaque coup de gaz.