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L'Eisenacher Motorenwerk (EMW) incarne une page fascinante de l'histoire motocycliste allemande, transformant l'héritage de BMW en une icône de l'Est. Découvrez la célèbre R 35, une machine robuste à transmission par cardan qui a marqué l'après-guerre.
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1955 | EMW R 35
EMW EMW R R 35
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1953 | EMW R 35/3
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1955 | EMW R 35
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1953 | EMW R 35/3
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1954 | EMW R 35
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1953 | EMW R 35
BMW R 35/2 EMW R 35
1949 | EMW R 35
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1955 | EMW R 35/3
1955 EMW R35/3
1955 | EMW R 35
Gespann
1953 | EMW R 35
1953 | EMW R 35
EMW R 35, Nachfolger BMW R 35
L'histoire de la marque EMW, ou Eisenacher Motorenwerk, est indissociable de la division de l'Allemagne après la Seconde Guerre mondiale. Pour les passionnés français de motos de collection, EMW représente bien plus qu'une simple copie de BMW ; c'est une capsule temporelle technique et politique. Entre 1945 et 1955, l'usine d'Eisenach, située en Thuringe, a produit plus de 90 000 motocyclettes qui ont commencé leur vie sous le logo bleu et blanc de Munich pour la terminer sous l'emblème rouge et blanc d'Eisenach. La EMW R 35, unique modèle produit durant cette période, est aujourd'hui une pièce de choix pour les collectionneurs européens, notamment en France où sa rareté et son exotisme "Rideau de Fer" suscitent un intérêt croissant.
Histoire et Héritage
L'aventure EMW prend racine dans les décombres de l'Allemagne de 1945. Avant la guerre, l'usine d'Eisenach était l'un des sites de production majeurs de BMW. En raison des bombardements sur Munich, une grande partie de la production de motocyclettes y avait été transférée. À la fin du conflit, Eisenach se retrouve dans la zone d'occupation soviétique. Contrairement à l'usine de Munich, qui est largement démantelée, celle d'Eisenach reprend rapidement du service sous l'impulsion de l'administration militaire soviétique (SMAD).
Dès l'automne 1945, la production de la BMW R 35 reprend à partir des stocks de pièces restants et des outillages préservés. À cette époque, les machines sortent encore avec le logo BMW. L'usine est intégrée à la société par actions soviétique Awtowelo, qui gère plusieurs sites industriels en Allemagne de l'Est. Cette situation crée un imbroglio juridique inédit : deux entités produisent des véhicules sous le nom de BMW, l'une à l'Ouest (Munich) et l'autre à l'Est (Eisenach).
En 1952, suite à une action en justice intentée par BMW Munich pour protéger sa marque, l'usine d'Eisenach est contrainte de changer de nom. C'est ainsi que naît EMW. Le logo circulaire reste identique dans sa forme, mais les quartiers bleus deviennent rouges. Ce changement symbolise le passage définitif de l'usine sous contrôle est-allemand, au sein du combinat IFA (Industrieverband Fahrzeugbau).
La production de la R 35 évolue techniquement durant cette décennie. On distingue trois phases majeures :
- La période BMW (1945-1951) : Production de la R 35 d'avant-guerre quasiment à l'identique, avec cadre rigide et changement de vitesses à la main sur le réservoir.
- La transition EMW R 35/2 (1952-1953) : Introduction de la fourche télescopique amortie hydrauliquement et du sélecteur de vitesses au pied.
- L'apogée EMW R 35/3 (1953-1955) : L'évolution la plus aboutie, dotée d'un cadre renforcé et, surtout, d'une suspension arrière à coulisse (plunger), offrant un confort nettement supérieur.
En 1955, la production de motocyclettes cesse définitivement à Eisenach pour laisser place à la fabrication d'automobiles, notamment la célèbre Wartburg. On estime qu'entre 50 000 et 66 000 exemplaires de la version R 35/3 ont été produits, faisant d'elle la version la plus répandue aujourd'hui sur le marché de la collection.
Points Forts et Caractéristiques
Ce qui rend la EMW R 35 si particulière aux yeux des amateurs français, c'est sa conception "à l'ancienne" alliée à une robustesse légendaire. Techniquement, elle reste fidèle à l'architecture BMW des années 30. Son moteur monocylindre de 342 cm³ à soupapes en tête (OHV) développe une puissance modeste de 14 chevaux à 5 200 tr/min. Si ces chiffres peuvent paraître dérisoires aujourd'hui, ils permettaient à l'époque d'atteindre une vitesse de pointe de 100 km/h, une performance honorable pour les routes de l'après-guerre.
L'un des atouts majeurs de l'EMW est sa transmission par cardan. Contrairement à la majorité des motos de cette cylindrée qui utilisaient une chaîne, l'EMW bénéficie d'un système propre, nécessitant peu d'entretien et offrant une grande fiabilité. C'est une caractéristique typique des gènes BMW que l'on retrouve sur toutes les R 35, qu'elles soient siglées du logo bleu ou rouge.
Le cadre est une autre curiosité technique. Il s'agit d'un cadre en acier embouti (Pressstahlrahmen), composé de profilés de tôles rivetés. Cette méthode de fabrication, héritée de l'industrie aéronautique et automobile de l'époque, permettait de se passer de soudures complexes, un avantage crucial en période de pénurie de matériaux et de main-d'œuvre qualifiée. Ce cadre donne à la moto une silhouette massive et anguleuse, très caractéristique.
L'évolution vers la version R 35/3 a apporté des améliorations significatives. Le cadre est passé d'une épaisseur de 2 mm à 3 mm pour plus de rigidité. La suspension arrière, absente sur les premiers modèles (cadre rigide dit "Hardtail"), a transformé le comportement routier. Bien que rudimentaire par rapport aux standards modernes, cette suspension à coulisse permettait d'envisager de longs trajets avec un confort acceptable.
Enfin, on ne peut parler de l'EMW sans mentionner son association fréquente avec les side-cars Stoye. L'usine Stoye, basée à Leipzig, fournissait des paniers (notamment le modèle Stoye I) parfaitement adaptés à la R 35. Un attelage EMW/Stoye est aujourd'hui l'une des configurations les plus recherchées par les collectionneurs pour son esthétique typique des années 50.
Données Techniques
Voici un aperçu détaillé des spécifications techniques de la gamme EMW R 35, permettant de comparer les différentes évolutions du modèle.
Aperçu du Marché et Conseils d'Achat
Le marché de la EMW R 35 en France est un marché de niche, mais dynamique. Contrairement aux BMW produites à Munich (comme les R 25 ou R 26), l'EMW a longtemps été perçue comme une curiosité exotique venue de l'Est. Cependant, depuis une dizaine d'années, sa cote de popularité grimpe, portée par l'intérêt croissant pour les véhicules de l'ex-bloc soviétique et par la flambée des prix des BMW classiques.
Structure des prix (Marché français 2024-2025)
Les prix d'une EMW R 35 varient considérablement en fonction de l'état de conservation et de l'authenticité des pièces. Voici les fourchettes constatées :
- Projets de restauration (moteur non tournant, pièces manquantes) : 3 000 € – 6 000 €. Attention, le coût des pièces et de la main-d'œuvre peut rapidement dépasser la valeur finale de la moto.
- État d'usage / "Dans son jus" (tournante, avec patine, entretien à prévoir) : 8 000 € – 11 000 €. C'est souvent le meilleur choix pour ceux qui veulent rouler régulièrement.
- Restauration complète / État concours (peinture neuve, moteur refait, électricité fiable) : 12 000 € – 17 000 €. Les exemplaires les plus chers sont souvent ceux qui possèdent encore leur logo BMW d'origine (période 1945-1951).
- Attelage avec side-car Stoye : Prévoyez un supplément de 2 000 € à 4 000 € selon l'état du panier.
Qui achète une EMW ?
On distingue trois profils d'acheteurs principaux sur le marché français :
- Le collectionneur de BMW : Il cherche à compléter sa collection avec la branche "orientale" de la marque. Pour lui, une R 35 d'Eisenach est une pièce historique indispensable pour comprendre l'évolution de la firme à l'hélice.
- L'amateur d'histoire de la Guerre Froide : Attiré par l'esthétique et l'histoire politique de la RDA (République Démocratique Allemande), il apprécie le logo rouge et blanc et la rusticité de la machine.
- Le motard "Rétro" pragmatique : Il cherche une moto ancienne à cardan, fiable et facile à entretenir, sans vouloir débourser les sommes parfois déraisonnables demandées pour une BMW R 50 ou R 60.
Points de vigilance lors de l'achat
L'achat d'une EMW demande une inspection minutieuse. Voici les points critiques à vérifier :
- Le cadre en acier embouti : C'est le point faible majeur. La structure rivetée peut emprisonner l'humidité entre les couches de tôle, provoquant une corrosion perforante invisible de l'extérieur. Vérifiez l'absence de boursouflures ou de réparations grossières à la soudure.
- L'authenticité du moteur : Beaucoup d'EMW ont été "bricolées" durant les décennies de pénurie en Allemagne de l'Est. Assurez-vous que le numéro de moteur correspond à l'époque du cadre.
- Le système électrique 6V : D'origine, il est assez capricieux. De nombreux propriétaires français optent pour une conversion en 12V (système VAPE), ce qui améliore grandement la fiabilité et l'éclairage, mais peut nuire à l'aspect "puriste" pour certains collectionneurs.
- La transmission par cardan : Vérifiez l'absence de jeux excessifs ou de bruits suspects lors de la rotation de la roue arrière. Une réfection du cardan peut s'avérer coûteuse.
- Disponibilité des pièces : Bonne nouvelle pour les acheteurs français, les pièces détachées sont largement disponibles grâce à des spécialistes en Allemagne qui expédient dans toute l'Europe. De nombreuses pièces sont communes avec la BMW R 35 d'avant-guerre.
Performance et Expérience de Conduite
Piloter une EMW R 35, c'est s'offrir un voyage sensoriel dans le temps. L'expérience commence dès le démarrage. Pas de démarreur électrique ici : tout se fait au kick. La procédure est un rituel : ouvrir le robinet d'essence, titiller le carburateur, régler l'avance à l'allumage manuellement au guidon, et donner un coup de kick vigoureux. Le monocylindre s'éveille dans un martèlement caractéristique des moteurs culbutés de l'époque.
Sur la route, le comportement varie énormément selon le modèle. Les versions à cadre rigide (avant 1953) offrent une expérience "brute". Chaque irrégularité de la chaussée est transmise directement au pilote, malgré la selle suspendue. C'est une conduite physique, authentique, qui demande de l'anticipation. La version R 35/3, avec sa suspension arrière, est nettement plus civilisée. Elle absorbe les chocs avec une certaine souplesse, permettant d'envisager des balades de plusieurs centaines de kilomètres sur les routes départementales françaises.
Le moteur de 14 chevaux n'est pas un foudre de guerre, mais il possède un couple généreux à bas régime. La moto se sent à l'aise entre 70 et 85 km/h. Pousser à 100 km/h est possible, mais les vibrations deviennent alors envahissantes. La boîte de vitesses à quatre rapports est robuste. Sur les modèles anciens, le passage des vitesses à la main sur le côté droit du réservoir demande une certaine dextérité, surtout en ville. Le sélecteur au pied des modèles ultérieurs rend la conduite beaucoup plus naturelle pour un motard moderne.
Le freinage est assuré par deux tambours. Soyons honnêtes : par rapport aux standards actuels, ils sont symboliques. Ils demandent une grande anticipation et l'usage combiné du frein avant et arrière est impératif. En revanche, la tenue de route est saine grâce au centre de gravité bas et au poids contenu (environ 170-180 kg).
L'un des plaisirs de l'EMW réside dans sa sonorité. Le sifflement caractéristique de la transmission par cardan se mêle au poum-poum régulier de l'échappement. C'est une machine qui attire la sympathie et suscite souvent la curiosité lors des rassemblements de véhicules anciens en France, où elle est souvent confondue avec une BMW d'avant-guerre.
Design et Esthétique
Le design de l'EMW R 35 est le reflet d'une époque où la fonction dictait la forme. Il n'y a aucune fioriture inutile. La silhouette est dominée par le cadre en acier embouti, qui donne à la moto une allure massive et indestructible. Les garde-boue sont larges et enveloppants, conçus pour protéger efficacement le pilote des projections sur les routes non goudronnées de l'époque.
Le réservoir de 12 litres, de forme compacte, s'intègre parfaitement dans la ligne du cadre. Sur les modèles à changement de vitesses manuel, il est traversé par le levier de vitesses, une caractéristique esthétique très forte. La selle monoplace suspendue (souvent de marque Pagusa ou Möve) complète ce look typique des années 30 et 40.
La palette de couleurs était limitée. La majorité des EMW sont sorties d'usine en noir ou en gris, agrémentées de filets blancs (pinstriping) réalisés à la main. Cette sobriété renforce l'aspect utilitaire et sérieux de la machine. Le chrome est utilisé avec parcimonie : sur le guidon, l'échappement et quelques détails du moteur.
L'élément de design le plus discuté est bien sûr l'emblème. Le passage du bleu BMW au rouge EMW en 1952 n'a pas seulement été un changement de couleur, c'est devenu un symbole politique. Aujourd'hui, posséder une EMW avec son logo rouge d'origine est une marque d'authenticité historique. Certains propriétaires ont, par le passé, remplacé le logo rouge par un bleu pour "faire BMW", mais la tendance actuelle chez les collectionneurs est au respect de l'identité EMW.
Le design de la R 35 n'a pas été l'œuvre d'un styliste, mais d'ingénieurs comme Alex von Falkenhausen chez BMW avant la guerre. EMW a simplement perpétué cet héritage en y apportant des modifications pragmatiques. C'est cette esthétique de "l'ingénierie pure" qui séduit aujourd'hui, loin des designs parfois surchargés des motos japonaises ou italiennes des décennies suivantes.
Résumé
La EMW R 35 occupe une place unique dans le paysage de la moto de collection en France. Elle est le témoin d'une époque complexe, un pont entre l'excellence technique de BMW et la réalité industrielle de l'Allemagne de l'Est. Pour le collectionneur français, elle offre une alternative séduisante et plus abordable aux classiques munichoises, sans sacrifier le plaisir de rouler sur une machine à cardan de caractère.
Acheter une EMW, c'est acquérir un morceau d'histoire. Que vous soyez attiré par la rareté des modèles siglés BMW d'Eisenach ou par le charme authentique des versions R 35/3 à logo rouge, vous découvrirez une moto attachante, robuste et étonnamment gratifiante à conduire. Avec une cote de prix située entre 8 000 € et 17 000 €, elle reste un investissement passion raisonnable pour qui sait apprécier la beauté de la mécanique brute et le récit d'une marque qui a refusé de disparaître dans les tourmentes de l'histoire.
Sur Classic Trader, nous vous aidons à trouver l'exemplaire qui correspond à vos attentes, que vous cherchiez une base de restauration saine ou une machine prête à prendre la route pour votre prochain rallye de motos anciennes. L'EMW R 35 n'attend que vous pour continuer à écrire sa légende sur les routes de France.
